Mon parcours · Coach physique & mental
Chapitre I
Fils de militaire, j'ai grandi avec une idée fixe : rendre mes parents fiers. Rendre mon père fier. À la maison, quatre enfants, pas les moyens de me payer les études dont je rêvais. J'avais des facilités, mais j'avais perdu le goût de l'école : je n'y voyais pas de sens. Je ne voulais pas de la voie tracée. Je me suis engagé.
Petit, je me posais déjà cette question de notre utilité, de comment être heureux. Pour moi, c'était rendre les autres heureux. Je rêvais de donner ma vie pour quelqu'un. Les héros, c'étaient ceux qui partaient dans l'action, au-delà du possible, qui protégeaient les autres. J'en ai fait une ligne de conduite.
Chapitre II
Le sport depuis toujours : judo, arts martiaux, foot, puis rugby et athlétisme. La musculation et le street workout à fond au lycée, avec ce rêve en tête, être plus fort que chaque obstacle sur ma route.
Je me suis entraîné seul, énormément. Sans grandes connaissances, je me suis fait mal parfois, et j'ai appris. J'ai beaucoup donné, seul, sans le soutien que j'aurais voulu, comme nous tous.
Chapitre III
2016, 3ᵉ régiment de parachutistes. Élitiste. J'ai tout donné, j'ai encaissé les brimades. J'ai toujours été le clou qui dépasse, celui qui veut comprendre, qui veut en faire plus. « Tu es sûr que ta place est ici ? Tu aurais dû commencer plus haut si tu veux donner ton avis. » On m'a appris à fermer ma gueule, même quand j'avais raison. J'ai continué. Je n'étais pas le meilleur, je voulais le devenir.
Un seul rêve, les forces spéciales. Avant la présélection, une psychologue m'a dit :
« Vous réfléchissez trop, ce monde n'est pas pour vous.Je lui ai répondu une phrase : « C'est mon rêve, je vis pour ça. » Elle m'a fait confiance.
Un mois de présélection à la citadelle de Bayonne. Je suis parti sans rien dire, et j'ai été pris. Puis un an de sélection. Sans ruse, sans course au premier, dans l'honnêteté. Sur une centaine de candidats, 75 % éliminés dans l'année. Je tenais la 7ᵉ place.
Chapitre IV
Dernier mois. Le béret amarante et l'insigne à portée de main. Et là, tout s'est déconstruit. J'ai compris que je n'avais pas fait ça pour moi, mais pour prouver aux autres que j'en étais capable. Les guerres et les conflits changeaient, les missions aussi. J'aurais adoré choisir mes missions, mais ce n'est pas le cas : un métier, on prend tout, et on fait le job, c'est tout. Je ne voulais pas me battre contre quelqu'un que je ne connais pas, pour deux chefs politiques qui n'arrivent pas à se mettre d'accord.
Je ne suis pas un soldat.Un soldat sert un ordre, et je respecte profondément ceux qui le font. Un guerrier, lui, répond de ses valeurs. Ce jour-là, j'ai su lequel des deux j'étais. J'ai décidé d'arrêter. En une pensée, j'ai réduit mon propre mythe à zéro. Sept ans. J'ai quitté les rangs.
Chapitre V
Ce qui a suivi a été une longue chute. Deux ans en logistique que j'ai détestés, les sollicitations pour repartir dans l'action, une dépression. Je suis parti blessé, sans accompagnement, pas de main tendue : débrouille-toi. Puis le corps a fini de lâcher : le dos déchiré, l'épicondylite, les lumbagos, le poignet, la hernie, les croisés du genou. J'avais cru que forcer était une vertu. C'était surtout une façon de me détruire.
Aujourd'hui, je transmets autrement. Coach sportif, une licence de psychologie validée, une seconde en cours. La main qu'on ne m'a pas tendue, j'en ai fait un métier. Tout ce que j'ai appris seul, dans la douleur, je le mets entre tes mains pour que tu n'aies pas à le réapprendre au même prix.
Toi aussi, tu es peut-être à terre en ce moment.
Tu crois que forcer suffira. J'ai moi aussi pensé cela.
Ce qu'il te faut, ce n'est pas plus de douleur. C'est une direction.
La résilience, ça s'apprend. La discipline, ça se construit.
Et moi, je suis encore debout pour te le transmettre.